Une étude sur la maladie de Lyme et les champignons médicinaux

  • Hifas da Terra a conduit une étude sur le Lyme chronique (Post Treatment Lyme Disease Syndrome) associée à l’utilisation de la Mycothérapie. 
  • L’objectif de la présente étude était d’étudier les effets d’un accompagnement de Mycothérapie à base de Reishi (Ganoderma lucidum) et de Crinière de lion (Hericium erinaceus) sur une durée de 3 mois chez des personnes présentant un Lyme chronique (PTLDS).
  • Cette étude a été réalisée en association avec  Déborah Jublin, naturopathe et coordinatrice de l’association Réseau Lyme Europe

Tique. Image d’illustration 

Borréliose de lyme : une maladie invalidante 

Selon la définition donnée par le Ministère du travail, de la santé et des solidarités, la maladie de Lyme, ou borréliose de Lyme, est transmise par une morsure de tique infectée par une borrelia, une bactérie de la famille des spirochètes. L’infection est souvent sans symptôme mais peut dans certains cas entraîner une maladie parfois invalidante (douleurs articulaires durables, paralysie partielle des membres…). Il est important de noter que la maladie de Lyme n’est pas une maladie contagieuse. [1]

Le syndrome post-maladie de Lyme ou Lyme chronique (PTLDS en anglais) est un état dans lequel les patients présentent des symptômes persistants de fatigue, de douleur et de difficultés cognitives après le traitement antibiotique de 6 mois de la maladie de Lyme aiguë.

Jusqu’à 20 % des patients atteints de la maladie de Lyme présentent un PTLDS. Par définition, le syndrome post-traitement de la maladie de Lyme comprend un diagnostic antérieur de la maladie de Lyme, des symptômes récurrents de fatigue, des douleurs musculo-squelettiques ou des troubles cognitifs, qui persistent pendant au moins six mois après la fin du traitement antibiotique. 

Bien que les antécédents de morsure de tique ou d’éruption d’érythème migrant (EM) permettent un diagnostic rapide, peu de patients ont connaissance d’une morsure de tique avant l’infection et l’incidence des éruptions d’EM varie en fonction de la localisation géographique et de l’espèce de Borrelia, de sorte que certains patients ne développent jamais d’EM. Les manifestations chroniques de la maladie de Lyme peuvent donc résulter de retards de diagnostic. Les manifestations chroniques de la maladie de Lyme peuvent également résulter d’un échec de l’antibiothérapie, les traitements couramment prescrits pouvant être non curatifs. Les chercheurs ont constaté que les patients atteints de la maladie de Lyme aiguë et/ou ancienne restent souvent malades pendant de longues périodes après le traitement et que certains voient leur maladie progresser malgré le traitement. [2]

Les manifestations chroniques de la maladie de Lyme sont associées à des altérations significatives et durables de la qualité de vie chez certains patients. Les scores de qualité de vie des participants aux quatre essais de retraitement de la maladie de Lyme parrainés par les National Institutes of Health (NIH) étaient systématiquement inférieurs à ceux des populations saines. Dans deux de ces essais, les symptômes persistants étaient d’une telle gravité qu’ils interféraient avec le fonctionnement quotidien. [3]

L’impact économique des manifestations chroniques de la maladie de Lyme peut être considérable. Les réponses à une enquête menée auprès de patients diagnostiqués avec la maladie de Lyme (sur la base des critères de surveillance des centres de contrôle et de prévention des maladies) et malades depuis 6 mois ou plus, ont révélé que 39,4 % et 28,3 %, respectivement, ont arrêté ou réduit leurs heures de travail et que 37,3 % ont dépensé au moins 5 000 $ pour des dépenses personnelles liées à la maladie de Lyme [4].

Malgré l’impact significatif que les manifestations chroniques de la maladie de Lyme peuvent avoir sur les individus, leurs familles et l’économie, il n’existe toujours pas de définition largement acceptée de la maladie de Lyme chronique [3].

L’Infectious Diseases Society of America (IDSA) a proposé des critères d’inclusion pour le diagnostic du syndrome de post-traitement de la maladie de Lyme, ou PTLDS, comprenant un diagnostic antérieur de Lyme, la stabilisation des symptômes après un traitement antibiotique, et des symptômes récurrents de fatigue, de douleur musculo-squelettique, ou des plaintes de difficultés cognitives qui persistent pendant au moins 6 mois après la fin du traitement antibiotique [5].

​​Un projet de recherche visant à étudier les effets d’une supplémentation avec des extraits spécifiques de champignons Hifas da Terra dans le PTLDS a été convenu pour étudier un groupe de 19 personnes, avec une attention particulière aux variations de la fatigue et de la douleur.

UN ACCOMPAGNEMENT AVEC DEUX CHAMPIGNONS D’INTÉRÊT

Le choix des champignons médicinaux pour cette étude s’est porté sur le Reishi et la Crinière de lion.

En effet, de nombreuses études ont mis en évidence l’action anti-inflammatoire du champignon Ganoderma lucidum  (Reishi) [6,7,8,9,10], c’est pourquoi il a été recommandé pour les symptômes liés à la douleur. Le Reishi est également utilisé pour les problèmes de fatigue [10,11] qui sont fréquemment observés chez les personnes atteintes de Lyme chronique. Le champignon Crinière de lion (Hericium erinaceus) est quant à lui utilisé pour les symptômes cognitifs [12,13,14] et digestifs [15,16,17]. Le rétablissement d’un microbiote intestinal optimal permet une meilleure assimilation des principes actifs des champignons médicinaux, comme de l’alimentation en général

L’accompagnement de Mycothérapie proposé vise à améliorer les symptômes persistants après le traitement conventionnel du syndrome post Lyme. 

INCLUSION DES PATIENTS 

Pour participer à l’étude, les personnes devaient être agées entre 18 et 65 ans, présenter un diagnostic antérieur de maladie de Lyme – c’est-à-dire un premier test immuno-enzymatique “ELISA” positif, suivi d’un test Western Blot positif, avec ou sans érythème migrant – avoir suivi un traitement antibiotique initial, ne plus être sous traitement antibiotique depuis 3 semaines, et avoir un délai supérieur à 6 mois entre le diagnostic initial et la phase avancée de la maladie. Les participants devaient également rapporter des symptômes spécifiques comme la douleur, la fatigue ou encore des troubles cognitifs (par exemple : perte de mémoire). 

Finalement, 19 personnes ont été prises en compte dans l’analyse. 

L’accompagnement avec les champignons médicinaux constituait à prendre 2 gélules d’extrait concentré de Reishi HdT (Mico-Rei, Ganoderma lucidum) par jour, avant le petit-déjeuner ainsi que 3 gélules d’extrait concentré de Crinière de lion HdT (Mico-Leo, Hericium erinaceus) par jour réparties entre le matin, le midi et le soir (1-1-1) , sur une période de 3 mois (12 semaines). 

Pour mesurer les effets de la prise de Reishi et de Crinière de lion sur les symptômes persistants après le traitement conventionnel des maladies vectorielles à tiques, les participants ont dû remplir les questionnaires suivants à différent temps de l’étude : avant la prise de Mycothérapie, 6 semaines et 12 semaines après le début de la prise de Mycothérapie.

  • Questionnaire fatigue : Fatigue Assessment Questionnaire.
  • Questionnaire douleur : Short McGill Questionnaire. [Version française : Questionnaire de douleur Saint-Antoine abrégé (QDSA)]

DES RÉSULTATS POSITIFS ET PROMETEURS 

Les questionnaires administrés ont montré que les participants atteints de PTLDS ont rapporté et obtenu en moyenne 65 % de réponses positives aux questionnaires standardisés sélectionnés pour contrôler la fatigue sur une période de 12 semaines. Par ailleurs, ces patients atteints du syndrome de stress post-traumatique ont également répondu positivement à 57 % des questionnaires standardisés portant sur l’intensité et les caractéristiques de la douleur au cours de la même période de 12 semaines de supplémentation.

La supplémentation en Mico-Rei et Mico-Leo s’est avérée produire des effets positifs dès la 6ème semaine de supplémentation dans environ la moitié des réponses obtenues dans les questionnaires standardisés, ce qui suggère un effet assez rapide compte tenu de la durée de plusieurs mois des symptômes associés au PTLDS.

Bien que d’autres données soient en cours d’analyse, ces résultats ont montré les bénéfices induits par la supplémentation de deux extraits spécifiques de champignons HdT chez les patients atteints du syndrome de stress post-traumatique.

Les interventions non pharmaceutiques chez les patients atteints de PTLDS sont rares, la plupart des études publiées sur le traitement de cette maladie impliquant l’utilisation d’antibiotiques et d’autres interventions pharmaceutiques. Cependant, la présente étude a montré que l’utilisation de compléments alimentaires à base d’extraits de champignons spécifiques peut être efficace dans un court laps de temps.

Références
  1. Définition maladie de Lyme, site du Ministère du travail, de la santé et des solidarités. https://sante.gouv.fr/soins-et-maladies/maladies/maladies-infectieuses/maladie-de-lyme
  2. J.N. Aucott et al. Post-treatment Lyme disease syndrome symptomatology and the impact of life functioning: is there something here? Quality of life research, 2013; 22(1): 75–84.
  3. Samuel Shor et al. Chronic Lyme disease: An evidence-based definition by the ILADS working group. Antibiotics (Basel), 2019 Dec; 8(4): 269.
  4. Lorraine Johnson et al. Healthcare access and burden of care for patients with Lyme disease: a large United States survey. Health Policy, 2011 Sep;102(1):64-71.
  5. Sara E Vargas et al. Characterizing the Symptoms of Patients with Persistent Post-Treatment Lyme Symptoms: A Survey of Patients at a Lyme Disease Clinic in Rhode Island. Rhode Island medical journal, 2021 Apr 1;104(3):53-57.
  6. Juan Xu et al. Anti-inflammatory effects of Ganoderma lucidum sterols via attenuation of the p38 MAPK and NF-κB pathways in LPS-induced RAW 264.7 macrophages. Food Chem Toxicol, 2021; 150:112073.
  7. Kai Zhang et al. Anti-inflammatory properties of GLPss58, a sulfated polysaccharide from Ganoderma lucidum. International Journal of Biological Macromolecules, 2017.
  8. Soniamol Joseph et al. Antioxidative and Anti-inflammatory Activities of the Chloroform Extract of Ganoderma lucidum Found in South India. Sci Pharm, 2009; 77: 111–121.
  9. Hai-Guo Su et al. Lanostane triterpenoids with anti-inflammatory activities from Ganoderma lucidum. Phytochemistry, 2020; 173.
  10. Xia Feng, Yan Wang. Anti-inflammatory, anti-nociceptive and sedative-hypnotic activities of lucidone D extracted from Ganoderma lucidum. Cellular and molecular biology, 2019;65(4):37 – 42.
  11. Ming Cai et al. Characteristics and antifatigue activity of graded polysaccharides from Ganoderma lucidum separated by cascade membrane technology. Carbohydrate polymers, 2021;269.
  12. Koichiro Mori et al. Improving effects of the mushroom Yamabushitake (Hericium erinaceus) on mild cognitive impairment: a double-blind placebo-controlled clinical trial. Phytother Res, 2009; 23:367 – 72
  13. Yuusuke Saitsu et al. Improvement of cognitive functions by oral intake of Hericium erinaceus. Biomed Res, 2019; 40 (4): 125 – 131
  14. Li-Ya Lee et al. Erinacine A-Enriched Hericium erinaceus Mycelium Delays Progression of Age-Related Cognitive Decline in Senescence Accelerated Mouse Prone 8 (SAMP8) Mice. Nutrients, 2021; 13(10):3659
  15. Shengjuan Jiang et al. Medicinal properties of Hericium erinaceus and its potential to formulate novel mushroom-based pharmaceuticals. Applied microbiology and biotechnology, 2014; 98(18):7661 – 70
  16. Xiao-Yin Wang et al. Gastroprotective activity of polysaccharide from Hericium erinaceus against ethanol-induced gastric mucosal lesion and pylorus ligation-induced gastric ulcer, and its antioxidant activities. Carbohydrate polymers, 2018; 186: 100 – 109
  17. Chuanli Hou et al. Structural characterization of two Hericium erinaceus polysaccharides and their protective effects on the alcohol-induced gastric mucosal injury. Food chemistry, 2022; 375:131896.