Suis-je en présence d’un SIBO ? Comprendre et Agir.

Le SIBO (Small Intestinal Bacterial Overgrowth) désigne une affection intestinale caractérisée par une prolifération excessive et anormale de bactéries dans l’intestin grêle. Cette condition peut engendrer une gamme variée de symptômes associés à des troubles gastro-intestinaux.

Ces symptômes, bien qu’associés au SIBO, ne sont pas spécifiques à cette affection, ce qui peut parfois compliquer son diagnostic et entraîner des retards de prise en charge chez les personnes atteintes. Il est crucial de reconnaître les facteurs de risque potentiels, les méthodes de détection disponibles et les solutions existantes pour adresser rapidement le SIBO.

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Publié le 13/02/2024
Auteur: Équipe éditorial HIFAS

bactéries SIBO

Le SIBO : une affection difficile à identifier…

Le SIBO se caractérise par une grande diversité de symptômes intestinaux, tels que des ballonnements, des gaz, des douleurs abdominales, des diarrhées, une malabsorption des nutriments, une fatigue et une perte de poids.

Tous ces symptômes, pris individuellement, peuvent être attribués à d’autres affections intestinales telles que le syndrome de l’intestin irritable (SII), la constipation ou la diarrhée fonctionnelle. Dans de tels cas, il est difficile de déterminer exactement la cause sous-jacente : est-ce le SIBO qui se manifeste par le SII et d’autres maladies fonctionnelles de l’intestin, ou bien l’inverse ?

…et le point de départ d’autres maladies

En explorant davantage, les chercheurs ont observé que le SIBO est également associé à des maladies non liées aux intestins. Il peut ainsi être lié à des affections neurologiques ou rhumatismales, suggérant que les produits du métabolisme du microbiote intestinal peuvent avoir un impact direct ou indirect sur les fonctions émotionnelles, cognitives et immunitaires, prédisposant les individus au développement de ces maladies.

Inversement, des maladies sous-jacentes non liées au SIBO peuvent contribuer à son apparition et aggraver ses symptômes.

En fin de compte, que l’on examine la situation dans un sens ou dans l’autre, un SIBO non traité peut entraîner chez l’hôte le développement de maladies hautement invalidantes, qui viennent s’ajouter à une liste de symptômes déjà bien fournie.

maux de ventre, diarhées SIBO

Comment savoir si on a le SIBO ?

La prolifération bactérienne dans l’intestin grêle ne passe pas inaperçue. Les biologistes disposent de différentes méthodes pour détecter et reconnaître la signature de cette prolifération anormale, suscitant des débats au sein de la communauté scientifique. Parmi ces méthodes, on distingue deux types principaux : l’une est invasive, l’autre non.

Les tests de détection du SIBO

La présence des bactéries proliférantes laisse une trace facile à identifier. Lorsque les bactéries métabolisent les glucides provenant de l’alimentation dans l’intestin grêle, elles produisent des sous-produits, tels que du gaz, de l’hydrogène et du méthane. Ces gaz sont ensuite absorbés dans la circulation sanguine et transportés vers les poumons, où ils peuvent être expulsés lors de l’expiration.

C’est là que les tests respiratoires à l’hydrogène ou au méthane entrent en jeu. En mesurant la concentration de ces gaz dans l’air expiré, les médecins peuvent déterminer s’il y a une surcroissance bactérienne dans l’intestin grêle.

Une autre méthode, moins couramment utilisée en raison de son caractère invasif, est le test de culture de l’aspirat jéjunal. Cette technique implique le prélèvement direct d’un échantillon de liquide dans l’intestin grêle. Les professionnels de la santé préfèrent souvent les tests respiratoires, jugés moins contraignants pour les patients.

Quels sont les facteurs de risques ? 

Les facteurs de risque associés au développement du SIBO peuvent être regroupés en deux catégories principales. La première catégorie concerne nos habitudes et nos caractéristiques individuelles, tandis que la seconde comprend les maladies susceptibles de favoriser son apparition.

Catégorie n°1 : habitudes et facteurs individuels

  • L’âge : le risque de développer un SIBO augmente avec l’avancée en âge, car la motilité intestinale a tendance à diminuer au fil du temps, créant ainsi un environnement propice à la prolifération bactérienne.
  • Consommation d’alcool et de tabac : des études ont montré une corrélation significative entre le tabagisme et la présence de SIBO. De plus, le SIBO semble être plus fréquent chez les personnes qui consomment modérément de l’alcool par rapport aux abstinentes.
  • Alimentation : bien que les fibres alimentaires soient généralement bénéfiques pour la santé, dans le cas du SIBO, elles peuvent aggraver les symptômes en fournissant un substrat supplémentaire pour la croissance bactérienne dans l’intestin grêle. Des professionnels recommandent d’adopter un régime pauvre en FODMAPs (un sous-type de fibres alimentaires difficilement digestibles par les bactéries) pour en atténuer les symptômes.
  • Prise de médicaments, notamment les Inhibiteurs de la Pompe à Protons (IPP) : une méta-analyse de 19 études a révélé que l’utilisation à long terme d’IPP constitue un facteur de risque significatif de SIBO. Ces médicaments, prescrits pour traiter les brûlures d’estomac et les reflux gastro-œsophagiens, réduisent l’acidité de l’estomac, créant ainsi un environnement moins hostile pour les bactéries et favorisant potentiellement leur prolifération dans l’intestin grêle.
ballonnement SIBO

Catégories n°2 : Maladies favorisant le SIBO

  • Les troubles de la motilité intestinale : les affections qui induisent un ralentissement ou une altération de la motilité intestinale (mobilité du bol alimentaire) comme la gastroparésie ou la maladie cœliaque, peuvent entraîner une stagnation des aliments dans l’intestin grêle, créant ainsi un environnement propice à la croissance bactérienne.
  • Le dysfonctionnement des organes digestifs : les maladies du foie, du pancréas ou de la vésicule biliaire peuvent perturber la digestion et favoriser la prolifération bactérienne dans l’intestin grêle.
  • Les anomalies structurales ou anatomiques de l’intestin : des maladies telles que les diverticules, les fistules ou les sténoses intestinales peuvent entraîner une stagnation des aliments et favoriser la prolifération bactérienne.
  • Les troubles Métaboliques : en perturbant le métabolisme des glucides, des troubles métaboliques sont propices au SIBO.
  • Le syndrome de l’Intestin Irritable (SII)…

Guérit-on du SIBO ?

Vous venez de recevoir le diagnostic de SIBO, et vous vous demandez sûrement : est-ce que cela se soigne ? Ne vous inquiétez pas, il existe plusieurs solutions pour soulager efficacement les symptômes, voire guérir complètement. Vous disposez de différentes options qui s’offrent à vous. Elles visent généralement à réduire la prolifération bactérienne dans l’intestin grêle, à rétablir l’équilibre de la flore intestinale et à corriger les dysfonctionnements digestifs sous-jacents.

Les approches incluent :

  1. Les antibiotiques : prescrits par votre médecin, les antibiotiques sont souvent utilisés en première intention pour éliminer les bactéries en excès dans l’intestin grêle.
  2. Les probiotiques : les compléments alimentaires à base de souches probiotiques visent à retrouver l’équilibre de la flore intestinale après le traitement antibiotique. Ils sont aussi utiles pour le maintien de la santé digestive.
  3. Les prébiotiques : Les prébiotiques présents, par exemple, dans les champignons (sous la forme de bêta-glucanes), peuvent moduler le microbiote intestinal en favorisant la croissance des bonnes bactéries de l’intestin et ainsi rétablir l’homéostasie intestinale.

ÉTUDE HIFAS SIBO

Une étude prospective, randomisée et monocentrique de Hifas da Terra a récemment été menée auprès de patients atteints du syndrome de l’intestin irritable (SIBO) positifs de l’unité andalouse des troubles digestifs fonctionnels (FFD) afin d’améliorer la qualité de vie des patients.

Le groupe de contrôle a suivi un régime pauvre en FODMAPS.

Le groupe d’intervention a combiné l’utilisation de suppléments de souches spécifiques de Reishi et de Crinière de lion.

Dans cette étude, des données analytiques et un profil nutritionnel, un test respiratoire et une évaluation nutritionnelle bio-psycho-sociale complète ont été recueillis.

En savoir plus

4. Le régime alimentaire : votre SIBO peut faire l’objet des “ré-équilibrages alimentaires” pour réduire les symptômes et prévenir les rechutes. Le régime Fodmaps en fait parti mais d’autres solutions peuvent vous être proposées.

RÉSUMÉ : ÉCOUTEZ VOTRE CORPS

Pour résumer, le SIBO peut entraîner une gamme de symptômes gastro-intestinaux aussi large qu’imprécise. Il est crucial de ne pas ignorer ces signaux, même s’ils semblent anodins et de consulter un professionnel de la santé pour en parler. En agissant rapidement, il est possible de disposer rapidement de ces désagréments qui peuvent prendre une place dans votre vie.

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Références

https://www.univadis.fr/viewarticle/syndrome-de-l%25E2%2580%2599intestin-irritable-ou-sibo-small-2023a1000cc5

https://www.doctissimo.fr/sante/mal-au-ventre/sibo#

https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC10303511/

https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC6955189

https://onlinelibrary.wiley.com/doi/full/10.1002/jgh3.12899