Érinacines : Approches et Perspectives dans la Neuroprotection

Les érinacines sont des composés bioactifs dérivés du champignon Hericium erinaceus, également connu sous le nom de lion’s mane ou crinière de lion. Originaire du Japon où il est appelé Yamabushitake, de Chine sous le nom de Hou Tou Gu, et reconnu en Europe et aux États-Unis, ce champignon comestible et médicinal a récemment gagné en popularité. Des médias tels que TF1 ou Science et Vie ont relayé son importance grandissante, attirant ainsi l’attention du grand public.

Cette montée en notoriété s’explique par les découvertes issues de recherches scientifiques qui associent l’Hericium à de nombreux bienfaits pour la santé, en particulier ceux liés au cerveau.

>> Pour plus d’information sur la Crinière de lion, consultez notre article dédié

Publié le 12/03/24

Équipe éditoriale Hifas 

Le hericium : une usine à composé bioactif

Les sporophore de H. erinaceus contiennent une quantité exceptionnellement importante de molécules structurellement différentes et potentiellement bioactives, dont environ 70 métabolites secondaires différents. Ces composés bioactifs peuvent être subdivisés en grandes classes de substances : polysaccharides, terpénoïdes, stérols… Parmi ceux-ci, les érinacines, des dérivés de l’alcool benzylique extraits du mycélium et du sporophore, ont attiré les scientifiques pour leurs effets nootropiques

Les érinacines, des composants spécifiques du Hericium

L‘Hericium erinaceus a été au cœur des recherches du chercheur japonais Hirokazu Kawagish pendant plus de 35 ans. Ce passionné a consacré son expertise à l’étude des composés bioactifs issus des champignons supérieurs. Grâce à ses efforts, une avancée significative a été réalisée avec la découverte de 15 composés présentant une activité remarquable de stimulation de la croissance nerveuse (par l’intermédiaire du NGF). Parmi ceux-ci, six sont identifiés sous le nom d’héricénones (désignés de C à H), tandis que neuf sont des érinacines (désignées de A à I, voir ci-dessous).

“Les érinacines ont été les premiers stimulateurs du NGF isolés dans la nature.”

Ces molécules d’érinacine ont été identifiés et sont classés dans la classe des diterpénoïdes, qui servent d’éléments fondamentaux pour des composés biologiquement significatifs tels que le rétinol, le rétinal et le phytol, connus pour leurs effets antimicrobiens et anti-inflammatoires. Ils se caractérisent par leur structure chimique unique et leurs propriétés neuroprotectrices

Le mécanisme d’action des érinacines

Les effets neuroprotecteurs des érinacines sont attribués à leurs mécanismes d’action à multiples facettes, qui englobent des propriétés antioxydantes, anti-inflammatoires et neurotrophiques. L’érinacine exerce une activité antioxydante en piégeant les radicaux libres et en atténuant le stress oxydatif, caractéristique des pathologies neurodégénératives. En outre, ces composés modulent les voies inflammatoires en inhibant la production de cytokines pro-inflammatoires, atténuant ainsi la neuroinflammation et préservant l’intégrité neuronale.

DES ÉTUDES CLINIQUES PROMETTEUSES 

De nombreux résultats d’études cliniques convergent vers l’idée que le champignon Crinière de lion pourrait avoir un impact positif sur les capacités cérébrales (voir figure ci-dessous).

En effet, on observe une corrélation entre sa consommation et une amélioration notable de certaines fonctions cérébrales. De manière plus précise, les éléments bioactifs présents dans ce champignon, tel que l’érinacine semblent jouer un rôle dans dans l’accompagnement de ces troubles cérébraux.

Chronologie des articles publiés sur les effets de H. erinaceus dans les études cliniques (adapté de Brandalise et al., 2023)

Les perspectives d’utilisation des érinacines

Malgré les avancées prometteuses dans la recherche sur le Hericium en général et l’érinacine en particulier pour la santé cérébrale, il est essentiel de souligner que des études cliniques approfondies restent nécessaires pour valider pleinement leur efficacité et leur sécurité chez les humains.

Il est crucial de reconnaître que les études existantes se concentrent souvent sur des extraits de Crinière de lion, mais ces extraits peuvent varier en termes de composition et de concentration d’un produit à l’autre. De plus, les processus d’extraction et de purification peuvent également influencer la qualité et l’activité biologique des érinacines présentes dans ces produits.

Pour les consommateurs intéressés par les bienfaits potentiels des érinacines, il est recommandé de choisir des produits fabriqués par des entreprises réputées et de préférence ayant fait l’objet d’études cliniques spécifiques sur le produit final. Ces études permettraient de mieux comprendre l’efficacité, la posologie optimale et les éventuels effets secondaires associés à l’utilisation de ces produits.

Références
  1. Docherty S, Doughty FL, Smith EF. The acute and chronic effects of Lion’s mane mushroom supplementation on cognitive function, stress and mood in young adults: A double-blind, parallel groups, pilot study. Nutrients [Internet]. 2023 [cited 2024 Mar 12];15(22):4842. Available from: http://dx.doi.org/10.3390/nu15224842
  2. Brandalise F, Roda E, Ratto D, Goppa L, Gargano ML, Cirlincione F, et al. Hericium erinaceus in neurodegenerative diseases: From bench to bedside and beyond, how far from the shoreline? J Fungi (Basel) [Internet]. 2023 [cited 2024 Mar 12];9(5):551. Available from: https://www.mdpi.com/2309-608X/9/5/551
  3. Wong KH, Naidu M, David P, Abdulla MA, Abdullah N, Kuppusamy UR, Sabaratnam V. “Neuroregenerative potential of Lion’s Mane mushroom, Hericium erinaceus (Bull.: Fr.) Pers. (higher Basidiomycetes), in the treatment of peripheral nerve injury (review).” Int J Med Mushrooms. 2012;14(5):427-446.
  4. Smith JE, Rowan NJ, Sullivan R. “Medicinal mushrooms: a rapidly developing area of biotechnology for cancer therapy and other bioactivities.” Biotechnol Lett. 2002;24(24):1839-1845.
  5. Kushairi, Naufal, et al. “Lion’s mane mushroom, Hericium erinaceus (Bull.: Fr.) Pers. suppresses H2O2-induced oxidative damage and LPS-induced inflammation in HT22 hippocampal neurons and BV2 microglia.” Antioxidants 8.8 (2019): 261.
  6. Kawagishi H. Chemical studies on bioactive compounds related to higher fungi. Biosci Biotechnol Biochem [Internet]. 2021 [cited 2024 Mar 12];85(1):1–7. Available from: https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/33577664/