Les champignons, une source de pro vitamine D

Une vitamine pas comme les autres

La vitamine D n’est pas vraiment une vitamine ; il est plus correct de la considérer comme une pré-hormone, puisqu’elle est convertie en un métabolite qui agit de manière analogue à une hormone stéroïde essentielle au maintien de l’homéostasie du squelette, en régulant les niveaux de calcium et de phosphore (Deluca et al. 1990).
D’autre part, de nombreuses études montrent une capacité antiproliférative et proapoptotique, voire anti-métastatique dans les processus cancéreux tels que le cancer du sein ou du rein.
Cette capacité antitumorale a suscité un intérêt clinique, mais la vitamine D n’a pas d’application thérapeutique en raison de son action calcique élevée. Son administration directe à des doses supraphysiologiques induit une hypercalcémie, allant jusqu’à provoquer la mort chez les animaux de laboratoire.

ÉCRIT PAR ESTEBAN SINDE STOMPEL, PhD. 15/12/2021

Mais alors, comment bénéficier des bienfaits de la vitamine D ?

Il est donc essentiel de maintenir les niveaux de vitamine D afin de prévenir l’apparition de processus cancéreux et de conserver une bonne santé osseuse par deux voies d’entrée dans l’organisme :

  • une voie secondaire, via l’alimentation, où les aliments contiennent des précurseurs de la vitamine D, métabolisés dans le foie et les reins pour produire la vitamine ;
  • et une autre via la voie dite primaire, qui nécessite la photoactivation d’un précurseur (MacLaughlin et al. 1982) dans les cellules de la peau par l’action des rayons ultraviolets.
soleil synthèse vitamine D

Voie primaire : l’exposition modérée au soleil

La synthèse de la vitamine D3 se produit plusieurs heures après l’exposition au soleil. Lorsque l’exposition au soleil est continue, les niveaux de vitamine sont modulés par la synthèse de mélanine, le principal concurrent de la vitamine D3.
Cela permet à notre corps de réguler la production excessive sur des périodes prolongées d’exposition au soleil.

En effet, la santé de notre corps passe par une exposition au soleil équilibrée. Une exposition excessive et non protégée génère des cassures dans le matériel génétique déclenchant des processus cancéreux et une augmentation de la pigmentation peut diminuer jusqu’à 50 fois la production de vitamine D3 (Clements et al. 1992).

En revanche, la protection totale empêche les rayons UV d’atteindre le derme, inhibant totalement la principale voie de synthèse de la vitamine D, l’hormone anti-tumorale.

Voie secondaire : l’alimentation

Comme vu précédemment, la deuxième voie d’entrée de la vitamine D dans l’organisme est l’alimentationLes champignons, en plus de s’être révélés comme étant des compléments alimentaires intéressants pour leurs nombreuses applications thérapeutiques, sont aussi une bonne source de précurseurs de cette vitamine.Les champignons du Soleil, Pleorotus ostreatus, Cordyceps sinensis, Coprinus comatus ont une relative abondance de vitamines B, C et E ainsi que de précurseurs de la vitamine D.

Les extraits fongiques : source naturelle de vitamine D

Nous venons de le voir, les champignons sont des aliments qui contiennent naturellement des précurseurs de la vitamine D. Ceux ayant la plus grande capacité anti-tumorale en raison de leur concentration en ergocalciférol (précurseur de la vitamine D) sont le Shiitake (0,4-0,7 µg/100g) et le Maitake (5,2-28,1 µg/100g).
Cet apport de vitamine par la supplémentation en extraits fongiques, associé à une alimentation riche en calcium, réduit le risque de développer des cancers tels que le cancer du côlon, de la prostate et du sein, ainsi que le mélanome.
Cependant, les extraits de champignons ne constituent une source exceptionnelle de vitamine D que s’ils ont été cultivés de manière naturelle, en utilisant des techniques non invasives, en respectant les exigences de production et de garantie écologiques et en recevant des radiations solaires. Car les champignons sont comme nous, ils ont besoin des rayons UV pour synthétiser correctement cette vitamine.
Le groupe de recherche de Lee (Lee G et al., 2009) a étudié les différences nutritionnelles et thérapeutiques entre le Shiitake cultivé avec et sans rayonnement UV, montrant que le Shiitake cultivé dans des conditions optimales de rayonnement avait des niveaux significativement plus élevés de cette vitamine et une quantité plus importante de calcium que le Shiitake cultivé en intérieur.